Préparer son retour d’expatriation

Pour la majorité des expatriés, humanitaires et conjoints accompagnant le retour d’expatriation dans son pays d’origine est la phase la plus compliquée de leur vie d’expat. 

Les difficultés principales sont de se refaire une place chez soi, que ce soit au niveau professionnel, personnel, social, administratif ou familial.

Chacun aborde son retour différemment. Tout dépend la situation et les défis qui en découlent que ce soit : après une courte ou longue mobilité internationale, une impatriation choisie ou imposée, avec un projet professionnel clair ou à définir, un retour de l’étranger en solo, en couple ou en famille, un séjour à l‘étranger en totale immersion ou dans le cocon d’une vie d’expat, qu’on soit humanitaire, conjoint accompagnant ou expatrié en poste.

Toutefois, quelle que soit la situation, il y a des enjeux et ressentis communs.

Dans cet ARTICLE DE FOND SUR LE RETOUR, j’explique les principaux enjeux du retour d’expatriation et t’invite à te poser les bonnes questions pour faciliter ton retour d’expatriation !

Il se dit que le retour est l’expatriation la plus difficile ! Pourquoi ? 

Parce que renter dans un pays que l’on connaît donne une fausse impression de facilité. Tu penses retrouver ce qu’il y avait avant et tu estimes sûrement bien connaître ton lieu de destination.

Pourtant, les problématiques les plus souvent évoquées par les expatriés que j’accompagne sont :

  • Les casse-têtes administratifs quand ils sont sortis du circuit administratif et qu’ils ne cochent aucune case conventionnelle.
  • L’insertion professionnelle, en particulier quand le retour n’est pas lié à un nouveau poste de travail, que la suite n’est pas encore définie ou si le retour est temporaire. 
  • Le sentiment de décalage avec leur entourage personnel et professionnel dans le pays d’origine. 
  • L’impression d’abandonner ceux que l’on quitte, la frustration de laisser un projet en cours, la culpabilité de quitter une équipe, des amis. 
  • Le retour à une vie « normale », la nostalgie de son mode de vie et travail hors du commun sur le terrain, la difficulté de retrouver sa juste place chez soi, la peur de s’ennuyer ou d’avoir moins d’impact.
  • Les enjeux scolaires pour leurs enfants, trouver une école compatible avec leur parcours scolaires à l’étranger, accompagner leur intégration d’enfants de troisième culture dans leur pays d’origine qu’ils connaissent peu et idéalisent souvent.
  • Les aspects financiers : la perte d’un certain confort financier, le changement de statut, le coût plus élevé de la vie.  
  • …et bien d’autres selon les situations.

Le retour de l’étranger devrait être considéré comme une étape à part entière de l’expatriation. À ce titre, il devrait se préparer comme un départ en expatriation ! Et pourtant, cette phase de l’expatriation est souvent négligée, voire oubliée.

Pour réussir ton retour de l’étranger, les maîtres mots sont : ANTICIPATION ET PRÉPARATION !

Au niveau du timing : le plus tôt, le mieux ! Quand c’est possible, six mois avant. En effet, ça permet d’avoir du temps, non seulement pour la préparation logistique, mais aussi pour anticiper tout ce qu’il va se jouer au niveau personnel, professionnel, psychologique et émotionnel. 

Pour cette préparation, n’hésite pas à définir un plan d’action, une feuille de route.

  • De quel soutien ai-je besoin pour préparer certains aspects de ce retour ?
  • Quels sont les aspects de ce retour que je dois absolument anticiper ?
  • Quand et comment vais-je préparer ce retour ?
  • Sous quelle forme et comment vais-je définir mon plan d’action ou ma feuille de route ? 

Tout comme pour une nouvelle expatriation, le retour impacte tous les domaines de ta vie : changement de travail, de statut, d’identité, d’environnement, d’habitudes, de loisirs, de réseau social, de système de soutien, de confort de vie, de dynamique familiale et de couple, etc. 

À ce titre, l’impatriation peut être considérée comme une transition de vie majeure, parce qu’elle inclut d’immenses changements de vie ! 

Lors d’un retour, je parie que tu penses en priorité à ton nouveau travail, logement et environnement. Pourtant, en chemin, tu risques d’oublier d’autres domaines qui sont tout aussi essentiels. Peut-être même que tu minimises l’importance de (re)trouver tes marques (et non pas forcément retrouver celles d’avant) et d’instaurer de nouvelles habitudes qui soutiennent ton bien-être et épanouissement. 

Pour réussir ton retour, il est crucial d’avoir une approche holistique et de t’assurer de faire le point sur comment combler tes besoins pour chaque domaine de ta vie. 

  • Quels sont les domaines de ma vie impactés par ce retour ?
  • Quels sont ceux que je souhaite traiter en priorité ? 
  • Quels sont ceux que je dois veiller à ne pas négliger ? 
  • De quoi ai-je besoin dans chaque domaine de ma vie lors de ce retour ?

Lorsqu’on rentre chez soi en s’imaginant retrouver sa vie d’avant, on prend le risque d’être déçu. Alors qu’il est justement important de voir ce retour comme une nouvelle expatriation : avec la même curiosité et ouverture d’esprit que lorsque tu cherches à t’intégrer dans un nouveau pays et culture. Pourquoi ? 

D’une part, parce que comme on le verra plus loin, en expatriation tu as changé ! Et d’autre part, parce que dans ton pays d’origine ton environnement et les autres ont aussi changé ! 

Par ailleurs, ce retour est souvent idéalisé, ce qui génère des attentes très élevées sur ce que tu souhaites retrouver et comment tu perçois ce retour ! Surtout, n’espère pas y retrouver la même chose. Au contraire, vois-le plutôt comme une opportunité de rentrer autrement ! 

Selon ton expérience à l’étranger et le contexte dont tu reviens, il y a aussi ce risque que l’intensité des choses vécues à l’étranger te donne cette impression que ta “vraie vie” était en mission, sur le terrain. Parfois, il est difficile de vivre ce grand écart entre deux mondes. Par exemple, le non-sens d’une société consumériste, la superficialité des plaintes des gens dans ton pays d’origine, le fait de trouver le quotidien fade une fois de retour, etc.

On a tendance à être plus tolérant sur les tracas quotidiens d’une autre culture que sur ceux de notre propre pays ! L’astuce est alors d’éviter les comparaisons, les « c’était mieux là-bas » ! 

Il est important de souligner que tu n’as pas besoin de te reconnaître dans ton pays d’origine. Par contre, tu as besoin de t’y adapter à nouveau. 

Pour toutes ces raisons, il est clé d’aborder le retour au pays comme une nouvelle expatriation, avec la même curiosité, l’envie de découvrir, comprendre, t’adapter et t’ingérer que lors de ta première expatriation.

Questions à te poser pour t’adapter à ton retour : 

  • Qui suis-je au retour, en dehors de mon identité d’expatrié ou d’humanitaire ? Quelle sera mon identité au retour ?
  • Comment aborder ce retour comme s’il s’agissait d’une nouvelle expatriation ?
  • En quoi vais-je devoir m’adapter ? 
  • Comment vais-je lâcher prise sur ce qui me déplaît et me frustre ?

Le retour est souvent rêvé et imaginé : retrouver une vie « normale », passer plus de temps avec tes proches, profiter de ce qui fonctionne bien, retrouver les bons petits plats de chez soi, reconnecter avec les routines d’avant, etc. 

Comme déjà mentionné, cela crée beaucoup d’attentes, alors que la réalité est souvent bien différente. Rentrer chez soi c’est fantastique, quand il s’agit de vacances. Cependant, quand le retour est définitif, une autre réalité peut rapidement te rattraper !

Le décalage entre les attentes et la réalité du retour peut provoquer des ressentis qui font partie du choc culturel inversé. 

Le choc culturel inversé est la désorientation que tu ressens lorsqu’e tu es confronté à un mode de vie qui ne t’est plus tout à fait familier. Ce qui est souvent vécu comme une surprise quand il s’agit de rentrer chez soi !

Pour en savoir plus sur le choc culturel inversé, tu peux consulter cette vidéo : les étapes de l’expatriation et l’impatriation

  • Quelles sont les phases du choc culturel inversé ? Comment vais-je les aborder et normaliser mes ressentis ?
  • Quelles sont mes attentes et est-ce qu’elles correspondent à la réalité de ce que je vais retrouver dans mon pays d’origine ? 

Préparer ton retour au niveau logistique et administratif est un passage obligé. C’est d’ailleurs souvent le premier réflexe : trouver un logement, choisir une école, clarifier les questions fiscales et d’assurances, organiser le déménagement, etc. Cela inclut souvent un bon nombre de casse-tête !

  • Où est-ce que j’ai envie de vivre à mon retour ? Ai-je déjà un lieu ? Dois-je en chercher un ? Y a-t-il une solution temporaire ? Quels sont mes besoins en termes d’environnement physique depuis mon expatriation ?
  • Quels moyens de locomotion ? Acheter ou louer un véhicule ? Y a-t-il des transports en commun suffisants pour les premières semaines ?
  • Comment organiser le déménagement ? Choisir un transporteur, clarifier les formalités administratives et douanières. 
  • Quels rendez-vous clés à organiser pour le retour : médicaux, administratifs, scolaires, professionnels ?
  • Comment gérer les aspects financiers ? Quel est mon budget ? Quels sont mes frais d’emménagement ? Quel est coût de la vie ? Dois-je inclure des frais de scolarité (si les enfants doivent rester dans le système privé) ?
  • Quelles sont les implications fiscales et administratives ? Où me renseigner ? Quel professionnel contacter ?
  • Quels sont les services ou ressources disponibles pour préparer mon retour ?
  • Quels spécialistes, associations ou groupes de soutien pour les impatriés puis-je contacter ?

Pour certains, le retour est lié à un nouveau poste, que ce soit pour le même ou un autre employeur. Pour d’autres il s’agit d’une réintégration à son ancien poste. 

Toutefois, il est aussi possible que le retour ait lieu pour d’autres raisons, sans poste de travail à la clé ! Par exemple, si ton contrat à l’étranger avait une durée déterminée et que tu te retrouves soit en attente d’un nouveau poste ou sans poste du tout ! Ou si tu es conjoint accompagnant et que ce retour implique de te relancer sur le marché du travail après des années sans activité professionnelle. Tu te retrouves alors en recherche d’emploi au retour !

Quelle que soit la situation professionnelle, certains questionnements doivent absolument se faire en amont. 

Et comme le suggère les questions ci-dessous, il est crucial de commencer par clarifier ton projet professionnel au retour. En expatriation tu as changé, tu as travaillé différemment, souvent avec plus d’indépendance, tu as développé de nouvelles compétences aussi ! il est important que tu clarifies ce que tu veux vraiment (et ne veux plus) au niveau professionnel.  

  • Quel sera mon prochain chapitre professionnel ? De quoi ai-je envie ? Quel type de poste ou de job ? Quels sont mes objectifs à court et long-terme ?
  • Comment m’assurer que les compétences développées en expatriation soient utilisées dans mon nouvel emploi pour que je ne m’y ennuie pas ?
  • Qu’est-ce que j’ai à offrir et comment le valoriser ? Quels sont mes atouts, talents et compétences ? Comment les traduire et les valoriser dans mon pays d’origine ?
  • Comment communiquer sur mon expérience professionnelle, sur ce que je recherche et sur mon profil ?
  • Mes outils de postulations sont-ils à jour ? 
  • Comment réactiver et développer mon réseau professionnel ? Quelles associations ou groupes professionnels contacter pour faciliter ce retour ? Quel est mon plan et mon pitch pour reprendre contact ?
  • Comment intégrer le marché du travail local ? Quelles particularités à connaître ? Où me renseigner ?
  • Ai-je droit aux allocations chômages ? Quelles sont les conditions ? Quand dois-je m’inscrire au plus tard ? 
  • Quels sont aujourd’hui mes besoins, mes envies et les compétences que je souhaite activer dans mon prochain poste ? 
  • Comment m’assurer que les compétences acquises à l’étranger soient utilisées dans le poste à venir pour éviter l’ennui ?
  • Quels sont les potentiels défis de ma réintégration dans mon ancien poste ?
  • Si j’intègre le siège de mon organisation, la nature du travail est différente que sur le terrain. Quelles vont être les différences au travail ? Vai-je perdre en indépendance ? Quelles sont mes stratégies pour m’adapter ? Quels ajustements sont nécessaires ?
  • Comment réactiver mon réseau professionnel sur place ? Qui sont les personnes clés à informer de ce retour et à rencontrer ?

Si tu souhaites préparer ton retour professionnel dans ton pays d’origine, sache que dans le cadre de mon programme de coaching TRANSITIONS, j’accompagne régulièrement des expatriés, humanitaires ou conjoints accompagnants qui souhaitent justement préparer leur retour au pays après des années d’expatriation pour le domaine professionnel et avec une approche holistique. Si tu le souhaites, tu peux me contacter pour en discuter.

Du moment que le retour se déroule en famille avec des enfants, il est bien sûr incontournable de préparer ce retour en famille ! 

Selon l’âge des enfants ils seront informés plus ou moins tôt de ce départ. Ils seront plus ou moins impliqués dans la réflexion et préparation du retour.

Beaucoup de parents se posent la question de quelle est la meilleure manière de les préparer, mais il ressort que c’est très personnel. Tout dépend de la dynamique familiale, de l’âge et de la personnalité des enfants, du contexte et de bien d’autres éléments familiaux. 

  • Quand et comment les informer du départ ? 
  • De quoi ont-ils besoin pour dire au revoir à leurs amis (fêtes, mots, photos, visites) ?
  • Comment les aider à se faire des amis une fois de retour (organiser des goûter, intégrer des groupes et activités qui leur plaisent) ?
  • Quels sont les meilleurs choix et les possibilités pour assurer une continuité scolaire (école privée, réintégrer le système scolaire national) ? Est-ce que le retour est définitif ou potentiellement suivi d’une autre expatriation ?
  • Comment accompagner leurs ressentis et émotions ? 
  • Comment les aider à s’intégrer alors qu’ils sont devenus des Enfants de Troisième Culture et qu’ils n’ont pas les mêmes codes ?
  • Comment les préparer à ce retour parfois rêvé qui peut s’avérer plus compliqué que prévu ? 

Pour rentrer sereinement, il faut s’assurer de bien quitter son pays d’accueil, voire sa vie d’expatrié en général !

Faire le bilan de son expérience à l’étranger

Pour commencer, ce départ est l’occasion rêvée pour faire le point sur ton expérience à l’étranger. Tu peux savourer les bons moments et tirer des apprentissages des défis rencontrés.  

Il est certainement aussi recommandé d’éviter de se projeter comme dans une fin d’aventure, et de le voir plutôt comme le début d’une nouvelle aventure. 

Tu le sais maintenant, le retour fait partie des étapes de l’expatriation ! Ce n’est pas une parenthèse qui se ferme, mais une continuation de ta vie. Et qui sait quelle sera la suite au retour ?

  • Quand et comment vais-je faire le point sur mon expérience à l’étranger ? 
  • Comment est-ce que j’inscris cette expérience dans mon parcours de vie personnel, familial et professionnel ?
  • Quels sont les apprentissages que j’en retire ?
  • Qu’est-ce que j’aimerais emmener avec moi et faire perdurer une fois de retour ?

Dire au revoir !

Dire au revoir semble évident ! Pourtant cette étape cruciale est souvent négligée. Parfois, par manque de temps, ou alors parce qu’il est difficile de faire ses ‘au revoir’. 

Pourtant, dire au revoir est une belle opportunité pour passer des messages de gratitude et souder encore les amitiés. Chacun le fait à sa manière que ce soit en organisant une grande fête, des tête-à-tête ou par le biais de lettres ou petites attentions et cadeaux ! 

Avant ou pendant les ‘au revoir’ c’est aussi le bon moment pour clarifier comment tu souhaites rester en contact avec tes amis et collègues. Cultiver les relations à distance est un enjeu important qui demande un peu d’anticipation et de préparation !

Pour certains, il est également important de dire ‘au revoir’ aux lieux ! Revisiter une dernière fois un endroit que tu affectionnes particulièrement, prendre des photos, ancrer certains souvenirs !

  • Comment vais-je dire à ceux qui me sont proches, à mes collègues, aux voisins et autres personnes-clé qui ont fait partie de mon entourage ? 
  • Est-ce qu’il y a un lieu que je souhaite revoir avant de partir ? 
  • Est-ce qu’il y a des photos que je voudrais absolument faire avant mon départ ?
  • Avec qui, à quelle fréquence et par quels biais, est-ce je souhaite rester en contact ? Les réseaux sociaux ? Des appels réguliers ? Des groupes WhatsApp ? Par email ? Des visites ou planifier des vacances ensemble ?

L’expatriation suscite un remaniement: tu as changé en expat !

L’expatriation suscite un remaniement identitaire. Depuis, ton départ à l’étranger, tu as inévitablement changé aux contacts de nouvelles expériences, valeurs, styles de vie, cultures et défis rencontrés. En conséquence, à ton retour, tu ne seras plus tout à fait le ou la même ! 

De plus, tu as aussi intégré à ton identité une nouvelle composante internationale et/ou humanitaire. Cela fait aujourd’hui partie de toi aussi !

Par ailleurs en expatriation, tu as certainement ressenti un grand élan de liberté. Tu es sorti du regard de ton environnement, de la famille, des collègues, des amis. Tu as pu te réinventer un peu, beaucoup, voire à la folie. 

Peut-être même que tu as découvert des facettes de toi que tu ne soupçonnais pas. Tu reviens chez toi changé ! 

Te réinventer à nouveau au retour d’expatriation

Au retour, tu vas devoir te réinventer à nouveau, cette fois dans un contexte où tu as déjà des étiquettes, dans un environnement où l’on te voit comme avant. 

Le défi est donc amplifié : t’émanciper du regard des autres, assumer l’identité acquise en expatriation et trouver ta juste place dans ton pays d’origine. 

C’est pourquoi, au retour, il y a souvent ce sentiment de décalage et de se retrouver non seulement « étranger chez soi », mais aussi « étranger à soi-même ». 

En rentrant chez soi, il faut faire ce même travail de décodage, d’ajustement, d’adaptation à un environnement culturellement différent de ce que nous sommes devenus individuellement. 

Ton remaniement identitaire a pour conséquence qu’aujourd’hui tes besoins, envies, attentes et priorités sont sûrement un peu différents ! 

Avant de rentrer, il est primordial que tu te poses des questions fondamentales sur ton identité actuelle !

  • Quelle est mon identité aujourd’hui ? Qui suis-je ? En quoi ai-je changé pendant mon expatriation ? 
  • De quoi ai-je besoin ? De quoi ai-je envie ? Quelles sont mes priorités ?
  • Quelles sont mes valeurs, mes forces, mes passions, mes intérêts, mes aspirations, mes compétences, mes croyances ?
  • Quelles sont mes attentes pour ce retour ? Qu’est-ce que j’espère accomplir ? Qu’est-ce que j’espère retrouver ?
  • Quelles seront ces nouvelles routines, loisirs, activités que je veux instaurer pour me sentir bien chez moi ?

Sentiment de décalage avec tes proches restés au pays.

Beaucoup d’expatriés mentionnent qu’au retour, l’une des grandes désillusions, c’est le décalage ressenti avec les proches, autant avec les amis, la famille, que dans l’environnement professionnel. 

L’entourage ne comprend pas toujours bien ton vécu. Il t’arrive peut-être même d’avoir l’impression que ton expérience à l’étranger ne les intéresse pas ! 

Ton besoin d’appartenance est chamboulé.

L’un des besoins fondamentaux de tout être humain est celui de l’appartenance. Nous ressentons tous ce fort besoin de faire partie d’un groupe, d’une communauté ! 

En expatriation ou dans le secteur humanitaire, ce sentiment d’appartenance est souvent très fort. Rapidement on se crée un cercle d’amis qui joue à la fois ce rôle de connections sociales et aussi celui de système de soutien ! On se crée une famille, une tribu sur place. 

Alors qu’au retour, il est courant de ressentir un certain décalage avec ceux restés au pays. Cela te donne peut-être cette impression de ne plus totalement faire partie de ton groupe d’amis et de proches.  

Tu as alors besoin de retrouver ta place dans ton ‘ancien’ groupe social. 

Accepter et atténuer ce décalage ressenti par rapport à tes proches restés au pays.

Ce décalage est plus ou moins fort selon les relations entretenues pendant ton séjour à l’étranger. Si tu as régulièrement partagé sur ton expérience et échangé avec tes proches restés au pays, il peut être minimisé. 

Toutefois, ce décalage est normal, pour plusieurs raisons : 

  • Comme mentionné plus haut, tu as changé au cours de ton expatriation ! Tu n’es plus tout à fait la même personne donc tu approches aussi tes amitiés avec un autre regard ! 
  • Quoique que tu en penses, tes proches restés au pays, ont eux aussi changé ! Ils ne sont plus forcément les mêmes qu’avant ton départ en expat !
  • Ton expérience ne doit pas forcément intéresser tout le monde ! Si tu te mets à leur place, il est difficile pour eux de connecter avec ton expérience, vu qu’ils n’ont pas le même vécu ! Ils sont parfois un peu inconfortables sur quelle attitude adopter par rapport à ce vécu si éloigné du leur. Ce que tu interprètes comme un manque d’intérêt est probablement surtout leur inconfort et timidité vis-à-vis de ta vie perçue comme atypique, voire extraordinaire. Ils se demandent sûrement si toi tu les trouves encore intéressants ! 
  • Il est difficile pour ton entourage resté au pays de comprendre pourquoi et en quoi ton retour au pays est difficile pour toi ! Ils s’imaginent que tu ne peux qu’être heureux d’être de retour. Certains prennent mal ou de façon personnelle, que ce retour puisse être difficile pour toi. 

La nécessité de redessiner tes relations aux autres

Il n’est pas possible de reprendre tes amitiés exactement comme elles étaient avant. Tu vas devoir les redessiner un peu ! 

Pour cela, tu as besoin d’accepter que ce soit ok de ne pas se comprendre sur tout ! L’amitié c’est aussi accepter nos différences

La clé ici est de ne pas t’accrocher à l’impossibilité de communiquer sur ton expérience, mais t’accrocher à ce qui forme votre amitié.

Pour redessiner ces amitiés il est important que tu te prépares à : 

  • Évaluer si tes attentes vis-à-vis de tes proches sont réalistes ou trop élevées : Qu’attends-tu d’eux exactement ? Et qu’attendent-ils de toi ?
  • Ne pas présumer que rien n’a changé pour eux. T’intéresser à leur vie et leurs défis, les écouter avec empathie et curiosité sur leurs soucis et ce qui est important à leurs yeux dans leur réalité (sachant que cela a été important pour toi avant ou que les choses ont changé : coût de la vie, insécurité, emploi, etc.). T’adapter à qui ils sont aujourd’hui. Tout comme tu l’as fait en expat. 
  • T’interroger sur la nécessité de protéger tes proches par rapport à ce que tu as vécu en mission. En particulier si tu es dans l’humanitaire, mais pas exclusivement. Mesurer et temporiser ton discours pour éviter une dévalorisation d’une réalité de vie ou de l’autre. Certains proches peuvent ressentir de la culpabilité en comparant leur vie et celle des populations avec lesquelles tu as travaillé, ou leur travail et le tien.

Créer des réseaux d’amis qui partagent un vécu similaire

En plus de tes ‘anciens’ cercles d’amis, réfléchis à d’autres moyens de combler tes besoins d’appartenance.

Tu peux te créer des cercles d’amis additionnels en t’entourant aussi de personnes qui ont vécu des expériences similaires, qui comprennent le monde l’expatriation, le secteur humanitaire, les difficultés du retour. 

C’est une manière de te mettre en résonnance avec d’autres expatriés ou ex-expatriés, d’autres humanitaires ou ex-humanitaires, d’autres conjoints accompagnants ou ex-conjoints d’expatriés. 

Avoir plusieurs groupes d’amis et réseaux te permet de cultiver une vie sociale enrichissante. 

  • Quelles sont mes attentes vis-à-vis de mes proches ? Sont-elles réalistes
  • Quelles sont leurs attentes vis-à-vis de moi ? Est-ce que je peux y répondre 
  • Comment renouer et solidifier mes amitiés au retour ? Sous quelles formes (en tête-à-tête, organiser une grande fête, prévoir des cafés ou repas, etc.) 
  • Comment expliquer à mes proches qui je suis aujourd’hui ?
  • Quand et comment communiquer sur mes besoins, envies et priorités ?
  • Comment parler de mon expérience de manière claire et accessible pour éviter de creuser un fossé d’incompréhensions ? Avec qui puis-je partager ce vécu en détails et avec qui dois-je temporiser ? 
  • Comment me créer un réseau d’amis qui comprend mon vécu ? Y a-t-il des groupes d’autres expatriés ou impatriés là où je rentre ?

Au fil du cet article, tu l’auras compris, il ne faut pas sous-estimer les différents enjeux liés à un retour. 

Il est important de savoir reconnaître que le retour dans ton pays d’origine peut être difficile et surtout éprouvant physiquement, mentalement, émotionnellement.

Pour faciliter ton retour au pays, il est essentiel de t’assurer d’aussi prendre soin de toi. Tu peux planifier des moments à toi, voire des vacances dès les premières semaines du retour. Prévoir des activités qui nourrissent ton énergie et te ressourcent. Te préparer à savoir dire non aux sollicitations parfois pressantes de l’entourage, quand chacun souhaite rattraper le temps perdu. Clarifier quels sont ces routines que tu souhaites mettre en place dès ton arrivée pour t’ancrer dans ta nouvelle vie. 

  • À quoi ressemble mon agenda au retour ? Est-il déjà complètement surchargé ? Comment puis-je l’alléger pour me préserver des moments à moi ?
  • De quoi ai-je besoin pour nourrir mon énergie ?
  • Quelles activités est-ce que je souhaite privilégier pour me ressourcer ?
  • Quand et comment prévoir des moments de repos au retour ?
  • Quelles sont mes priorités et comment m’assurer que celles des autres n’empiètent pas sur mon temps à moi ?
  • Qui sont les personnes auprès de qui je peux échanger sur mes émotions et ressentis par rapport à ce retour ?
  • Quelle sont ces routines, habitudes ou activités que je souhaite mettre en place dès mon retour pour retrouver un sens de normalité et prendre soin de moi ?

Tout au long de cet article, tu l’auras compris, un retour nécessite préparation et anticipation. Ce d’autant plus qu’il impacte tous les domaines de ta vie et provoque d’importants chamboulement internes. 

Pour préparer ton retour en amont et favoriser un atterrissage en douceur, d’expérience, il est crucial de ne pas vouloir à tout prix tout faire tout seul. Assure-toi de t’entourer des bonnes personnes.

Cela peut prendre différentes formes selon tes besoins : 

  • Rejoindre des groupes de soutien d’impatriés sur place ou sur les réseaux sociaux. 
  • Contacter d’anciens expatriés pour des conseils et astuces sur le retour ou prévoir des rencontres pour échanger sur vos ressentis respectifs.
  • Demander à ton employeur un soutien pour certains aspects du retour.
  • Consulter des professionnels pour t’accompagner sur les aspects administratifs et logistiques (fiscaliste, assureur, déménageur, etc.)
  • Te faire accompagner par des professionnels pour préparer ce retour au niveau professionnel, personnel, psychologique ou émotionnel (coach de transition, thérapeute, psy).
  • … ou tout autre forme de soutien qui te convient.

Dans cet article je te propose un grand nombre de pistes pour bien préparer ton retour d’expatriation ! 

J’ai moi-même vécu un retour au pays (en Suisse) pendant 5 ans. À l’époque je ne savais pas tout ce que je sais aujourd’hui et tout ce que j’écris dans cet article ! J’ai fait pas mal d’erreurs qui ont assurément compliqué mon retour ! 

Quand je suis repartie en expatriation, j’ai réalisé à quel point j’avais sous-estimé les enjeux du retour. J’en parle aussi dans ce podcast : Le retour en Suisse un challenge ?

Mon souhait, c’est que cet article de fond te transmette un bon nombre d’informations pour préparer et anticiper au mieux ton retour d’expatriation. 

Si tu souhaites aller plus loin et te faire accompagner, mon programme TRANSITIONS est idéal pour faciliter ton retour au pays avec toutes les transitions personnelles, professionnelles et familiales qui en découlent.  Ce programme s’adapte à tes besoins, que tu sois expatrié en poste, humanitaire ou conjoint accompagnant et à ta situation particulière, que tu sois en solo, en couple ou en famille, que tu aies déjà un poste ou doives te relancer sur le marché du travail sur place, etc.

Si tu souhaites en savoir plus, prends rendez-vous avec moi pour une séance découverte offerte et sans engagement. Nous pourrons discuter ensemble de ta situation et évaluer si mon programme répond à tes besoins. Je prends rendez-vous avec Nancy.

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Nancy Bonamy accompagne les humanitaires, les expatriés en poste et les conjoints accompagnants qui souhaitent créer des changements positifs dans leur vie professionnelle et personnelle. Nancy travaille aussi avec les organisations humanitaires et entreprises internationales qui souhaitent soutenir leurs collaborateurs, et les conjoints  qui les accompagnent, dans leurs transitions et développement professionnels et personnels en expatriation.

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